Le 29 novembre 2020, l’initiative pour des multinationales responsables a été soumise au vote de la population suisse. Une large alliance d’organisations de la société civile, de politiciennes et politiciens de tous les partis, de représentant·e·s de l’économie et des églises s’est engagée en faveur du oui. L’initiative a été acceptée par une majorité de 50,7% des citoyen·e·s et a échoué à la seule majorité des cantons.
La promesse du Conseil fédéral : une approche coordonnée au niveau international
Au cours de la campagne de votation, de nombreux représentants du monde politique et économique, ainsi que le Conseil fédéral, ont assuré que la Suisse devait adopter une approche coordonnée au niveau international en matière de responsabilité des multinationales.
Depuis, les choses ont beaucoup évolué au niveau international : le 24 mai 2024, l’UE a adopté la directive sur le devoir de vigilance (CSDDD) qui a ensuite été révisée dans le cadre du processus « Omnibus » et est définitivement entrée en vigueur le 18 mars 2026. Cette directive oblige les grandes entreprises dont le siège se trouve dans un État membre de l’UE ou qui réalisent un chiffre d’affaires important dans l’UE à respecter les droits de humains et les normes environnementales.
Les idéologies menacent d’étouffer un débat constructif
La nouvelle initiative pour des multinationales responsables a été lancée en 2025 et au printemps 2026, le Conseil fédéral a présenté un contre-projet indirect à cette initiative – l’avant-projet de loi sur la gestion durable des entreprises (LGDE) – qui s’inspire de la nouvelle directive européenne.
Une discussion constructive visant à trouver une solution efficace en matière de responsabilité des multinationales risque toutefois d’être étouffée dans l’œuf par des fausses informations et une opposition idéologique de principe. L’« Appel en faveur d’une responsabilité des multinationales alignée sur le niveau international » vise à empêcher cela et à promouvoir un débat politique honnête et fondé sur des faits.